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Le projet 2006

Des nouvelles de l’expédition

 

 

 

 

 

Guarello, jeudi 19 janvier 2006

Cargo de nuit : le chargement du minéralier « Tacora » dure 48 heures non stop. Le beau temps a permis de voir la lune se lever vers 1h du matin et éclairer le seno Euleterio...

Passés les premiers jours d’installation dans les salles et hangar de la base minière, de montage et réglage de notre flotte de Zodiac et Bombard, et de préparation du matériel, les premières équipes se sont élancées vers des objectifs plus ou moins éloignés.
Grand merci à la CAP et à la société gérante de la mine de Guarello pour leur accueil chaleureux. Cette logistique exceptionnelle nous permet de rayonner en zodiac dans les multiples fjords échancrés de l’archipel de Madre de Dios…

Le Porche de la baleine

Lundi après-midi, Richard, Pierre et Serge sont partis reconnaître un accès terrestre au porche de la Baleine. Mardi soir, contact par téléphone satellite (merci Globalstar !) a permis d’avoir des nouvelles. Le moral des " anciens " (150 ans à eux trois !) est d’acier, malgré la météo exécrable. Ils ont installé le camp au bord d’un lac, à peu près au 2/3 du parcours. En traversant un massif calcaire, ils ont observé de nombreuses entrées de cavités prometteuses. Mercredi 18, ils partent ce matin faire un aller-retour dans la journée vers le porche de la Baleine, et reviendront coucher dans leur tente. Vu la météo qui règne ce matin, on imagine que le spectacle de l’océan Pacifique du haut des falaises va être dantesque…

Jeudi 19 au matin, nouveau contact par téléphone satellite. Ils n’ont pu qu’entendre le grondement des vagues du Pacifique… La météo était insensée, du vent, de la pluie… Retour prévu ce soir en repassant par la Perte du Temps, une cavité explorée en l’an 2000, à 3 heures du seno.

Il faudra lancer une seconde équipe, qui va bénéficier de leurs informations sur le meilleur trajet vers la côte.

Perte des Condors

Une autre équipe est partie mardi après-midi pour reconnaître et explorer la Perte des Condors : les deux Stéphane (J et M), Laurent, Benjamin plus les deux bios Tristan et Tibault, comptent rester trois jours. La Perte des Condors, repérée à la fin de l’expé 2000, est un des objectifs les plus spectaculaires à explorer. C’est le trop-plein d’un lac de plus de 2 km de long, qui occupe le fond d’une cuvette de grès. Au contact avec le calcaire, l’eau se précipite dans une faille en canyon, qui part ensuite en conduit souterrain.

Jusqu’à ce mercredi 18, pas de contact radio. Nous étions un peu inquiets. Enfin la communication a pu être établie : après les grosses pluies des 48 dernières heures, le lac débite 4 m3/s. Il se précipite dans un magnifique canyon large de 2 m, mais la rivière est impossible à suivre autrement que depuis une galerie fossile, recoupée par le haut et qui donne six fois un regard sur la partie souterraine… La résurgence se jette ensuite dans une cascade de 50 m où l’eau se forme en torrent qui va grossir un second lac, probablement celui qui alimente le siphon des Lobos… Un spectacle grandiose… Nous reviendrons pour le filmer !

Il faudra remonter depuis cette résurgence pour retrouver le pied de la cascade, mais le secteur est recouvert d’une épaisse forêt magellanique. Une espèce de forêt de Brocéliande qui suinte en permanence de l’eau.

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