|
|
Vendredi 3
février 2006

Arrivée
du portage du zodiac sur le seno Barros Luco.
Ce
soir 3 février, presque toute l’équipe s’est
retrouvée à Guarello. C’est le temps des premiers
bilans, à quelques jours du départ des « juilletistes
» et de l’arrivée des « aoutiens »
(précisons qu’ici, dans l’hémisphère
sud, c’est l’été...).
Les trois derniers jours ont été marqués par
des conditions météo exceptionnelles, beau temps,
peu ou pas de pluies, quasi absence de vent... Cela a bien aidé
les trois équipes sur le terrain.
Camp Roberto
Richard,
Pierre, Nicolas, Al, Jean-Philippe, Benjamin, Stéphane
M.
Partis sous la tempête, le 30 janvier, montée galère
vers la zone repérée au début du séjour
par Richard vers 360 m d’altitude, sur les contreforts sud
du Mont Roberto. Un camp confortable, en plein « champ de
bataille »... Tout autour plusieurs pertes et gouffres.
Après trois jours de prospection et exploration, une dizaine
de cavités sont explorées, la plus profonde dépasse
enfin les 100 m de profondeur (cote –120 m, mais aussi un
–90 m, deux -70 m... et une floppée de gouffres de
20 à 30 m). Tous stoppent sur des étroitures ou
des bouchons d’éboulis... Notre persévérance
commence à payer...
Richard et Benjamin, profitant de la fenêtre météo
le 31 janvier, sont partis en raid éclair vers le Pacifique...
Ils débouchent en haut de la crète avec un panorama
exceptionnel sur le seno avec vue, dans une anfractuosité,
sur le tant désiré porche de la Baleine ! Richard
note qu’une descente en rappel à la verticale est
possible par le haut (avec beau temps !).
Camp 600 m
Serge,
Laurent, Stéphane J, Georges
De l’autre côté de la vallée glaciaire
de la Perte du Temps, le camp 600 a été révinvesti
pour trois nuits. Là encore, mis à part l’émerveillement
permanent de ces lapiaz d’altitudes, de ces formes d’érosion
et de la puissance tectonique de la montagne, la déception
a primé. Compte tenu de l’altitude (sommet à
828 m), nous y avions vu l’endroit idéal pour trouver
enfin une cavité digne de nos espérances. Mais là
encore les cavités se pincent ou sont bouchées à
quelques dizaines de mètres de profondeur.
Profondeur maximale atteinte -38 m...
Exploration
du seno Barros Luco
Guillaume,
David, Thibault, Tristan, Sylvain, puis Buldo, Franck et Luc.
Les cinq premiers reconnaissent l’itinéraire vers
le seno Barros Luco. Il faut franchir un col à 400 m,
longer une crète entre des lacs suspendus, puis descendre
aussi raide vers le tant désiré Barros Luco. Le
lendemain, les trois autres rejoignent le groupe au terminus
du zodiac, pour effectuer le portage du petit zodiac Typhon,
d’un moteur de 6 cv, et de l’essence ad hoc, plus
un camp léger ; le temps est avec nous et le soir, restés
seuls, Buldo, Franck et Luc peuvent dormir sous une petite tente,
après avoir regonflé le zodiac.
L’exploration en « mobylette aquatique » peut
commencer le 1er février, et nous permettre de longer
30 km de côtes calcaires (et pas mal d’autres roches,
tant la géologie est complexe !). Mais là encore,
pas une seule grosse résurgence à se mettre sous
la dent. Où partent les eaux souterraines ???
Par contre, la prospection systématiques des abris côtiers
a permis de découvrir trois abris sous roche ayant servi
d’habitat et/ou de sépultures aux nomades de la
mer ! Au total, ce sont 5 invidus (dont 3 crânes) qui
ont été inventoriés, en surface, puisque
nous n’avons touché à rien, comme il se
doit..
En
tous cas, cela ouvre des perspectives nouvelles pour l’ethno-archéologie
de ce peuple de nomades de la mer, dont il est prouvé
désormais que non seulement ils s’aventuraient
en plein Pacifique sur leurs fragiles canots d’écorce,
pour capturer des otaries sur les roqueries (rochers isolés
pour la mise-bas des otaries), mais qu’en plus ils étaient
capables de doubler une péninsule de plusieurs kilomètres
ouverte sur le Pacifique...
Hier 2 février après-midi, une autre équipe
(Sylvain, Tristan et Thibault) a assuré la relève.
Leur prospection d’un jour et demi leur ont permis de
découvrir un porche en falaise, avec petite rivière
(mais le faible débit est sans doute lié à
la « sécheresse » des trois derniers jours).
Arrêt sur rien à 100 m de l’entrée,
avec courant d’air. A suivre... avec du matériel
spéléo.
Dans les jours prochains, d’autres équipes repartent
vers de nouveaux objectifs, avec le petit rêve que «
cela va enfin passer », car c’est certain, cela
« passera » !
LHF
|