Cette étude géographique au sens premier participe
à l’exploration sportive et scientifique d’une
des dernières « taches blanches » de la planète.
Dominant la forêt primaire magellanique, les “glaciers
de marbres blancs” sont sculptés par les pluies et
le vent d’une intensité exceptionnelle.

C’est
la première fois au monde que sont observées et
étudiées sur roche calcaire des formes de dissolution
profilées horizontalement, les lapiés hydroéoliens,
dont la genèse est déterminée par la force
du vent. Mais la contrainte du vent s’exerce d’abord
sur la végétation.
Les fameux Nothofagus, ces hêtres primitifs hérités
de l’ère secondaire, sont des fossiles vivants. Ils
ont la faculté de se transformer en bonzaï dans les
secteurs les plus exposés avec des troncs rampants pouvant
atteindre 8 m de long.
Calcaires et marbres “fondent” ainsi en surface à
la vitesse de 10 cm en mille ans, record mondial. La quantification
de l’érosion constitue aujourd’hui un thème
scientifique fort au cœur des recherches internationales.
L’analyse
des formes, de l’écoulement et de la chimie des eaux
à partir de petits bassins versants constitue une méthode
efficace pour « mesurer » ces modèles hydrographiques
évoluant à vitesse accélérée.
Ces îles de marbre présentent au bord de la mer des
trottoirs géants, hauts de 8 à 12 mètres,
formés par une série de marches naturelles. Chaque
marche, haute d’un à deux mètres, correspond
à une encoche de corrosion marine et représente
un stade de soulèvement de l’île.
Ce
phénomène est lié à la fonte massive
des glaciers quaternaires, il y a 10 000 ans environ, qui a allégé
les archipels, provoquant ainsi leur soulèvement. C’est
le rebond glacio-isostatique.
Situés en milieu extrême, ces phénomènes
karstiques uniques au monde sont d’une esthétique
inégalée ; ils constituent un musée de formes
naturelles qui mériterait sans nul doute un classement
dans le cadre du patrimoine mondial Unesco.
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