Avancement de l'expédition 2008

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MISE À JOUR 3 DU DIMANCHE 20 JANVIER 2008

Jeudi 17 janvier

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Cette mise à jour s'ouvre par un panoramique à 360° réalisé par Jean-François à partir des photos qu'il avait prises depuis le premier des sommets sud de Tarlton. On y voit clairement comment s'agencent les trois îles qui constituent notre "terrain de jeux" : Guarello et Tarlton, ainsi que la partie sud de Madre de Dios, beaucoup plus grande que les deux autres (plus de 150 km2).

Vendredi 18 janvier

Le conteneur est maintenant déchargé. Notre flotte de zodiacs est opérationnelle, et chacun d'entre nous a été formé à leur conduite, au matériel de sécurité, aux carburants, à la manoeuvre de récupération d'un homme à la mer. Les choses sérieuses vont réellement commencer...

Et d'abord par le gouffre de la Détente. Nous l'avions découvert en 2006 au contact entre grès et calcaire sur le flanc sud-est du mont Roberto. Il avait alors été exploré jusqu'à 300 mètres de profondeur environ. La suite nous fait rêver depuis deux ans... Aujourd'hui, une équipe monte installer le camp du Roberto, depuis lequel s'organiseront les pointes.

Un autre groupe explore une résurgence repérée avant-hier en bordure du seno Azul sur le sud-est de Madre de Dios. Elle y trouve des dépôts morainiques. Franck s'arrête sur une étroiture ventilée, puis découvre dans la pente qui la surmonte un puits oblique descendant à -50 vers un beau siphon qu'il prévoit de plonger ultérieurement, avec l'espoir de ressortir en mer.

 

Les scientifiques (Stéphane, Laurent) vont implanter leur station météo - une dotation du CNRS - sur les premières pentes de Tarlton. Un tripode s'y élève bientôt, puis trois grandes cannelures draînant la zone sont équipées d'un dispositif de mesure du débit des ruisseaux qui les parcourentt dès qu'il pleut. Le petit bassin versant de chacune est délimité, puis topographié. On colore quelques petites pertes à la fluorescéine et à la rhodamine B pertes afin de préciser les contours exacts des périmètres d'alimentation.


Samedi 19 janvier

L'équipe "station météo" termine son travail. Un anémomètre couronne maintenant le tripode, sur lequel une armoire de contrôle est installée. Des capteurs de température et de pression y aboutissent. On pose et câble ensuite un pluviomètre, puis une sonde de conductivité qui permettra de calculer la concentration en calcaire dissous dans l'eau parcourant les cannelures. Cet ensemble, qui doit rester en place au moins un an, est alimenté par une batterie et un capteur solaire. Il permettra de relier précisément les données météo à la dissolution de la roche en surface du karst.

La première averse survient. Il n'est pas tombé un millimètre d'eau que déjà les cannelures sont fonctionnelles : le calcaire, très compact, évacue l'eau quasi instantanément. Luc filme ces travaux assidus.

Pendant ce temps Jean-Philippe et Franck sont sur Guarello. Ils montent sur le massif qui domine la grotte de la Moraine, une vaste cavité fossile où des dépôts morainiques de plus de 20 mètres d'épaisseur ont été découvertes en 2000. Elles constituent des archives climatiques exceptionnelles s'étendant sur plus de dix mille ans. Benjamin les étudie depuis 2006 en vue d'une thèse à l'Université de Bordeaux.

Jean-Philippe et Franck rejoignent les trois lacs aperçus depuis le sommet de Guarello. Ils trouvent leur émissaire, qui disparait dans une perte impénétrable au fond d'une doline. Bingo ! Dans la même dépression s'ouvre une grotte. Ils parcourent 150 m dans une belle galerie fossile concrétionnée et s'arrètent en haut d'un puits au bas duquel gronde la rivière retrouvée. C'est un vrai gros trou qui s'annonce !

Dans la grotte de la Moraine, les scientifiques (Richard, Joël) étudient une série de 4 encoches horizontales qui courent le long des parois de la grotte. S'agit-il d'encoche de dissolution marines antérieures au dépôt morainique ? Une étude complémentaire sera nécessaire.

Dimanche 20 janvier

Il a plu toute la nuit et toute la matinée. Au mont Roberto, c'est la crue : l'exploration prévue à la Détente est repoussée. Quelques sorties sont néanmoins organisées depuis le camp de base, à la Moraine pour des prises de vues et des photos, et à la bande de grès du sud de Madre de Dios où Zape, Marta et Laurent poussent la reconnaissance vers l'ouest. Ils y découvrent un gouffre : puits, méandre, arrêt au somment d'un nouveau puits. Il faudra revenir.

Pour contacter l'équipe :
Textes et photos © Centre Terre - Pasquet - 33760 Escoussans - France - association loi 1901