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Avancement de l'expédition 2008
Le projet
Objectifs scientifiques
Les expéditions précédentes
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PROJET SCIENTIFIQUE 2008

3 - L'étonante biodiversité de l'archipel
La surprenante biodiversité observée en 2006
soulève deux questions scientifiques :
- en admettant une remise à zéro de la vie sur
l’archipel lors de la dernière glaciation, comment
les rivières ont-elles pu être colonisées de
manière si importante et en si peu de temps, età partir de quelle source de colonisateurs ?
- le dernier épisode glaciaire a-t-il été aussi fort
que le supposent les
glaciologues ? Au contraire,
Madre de Dios n’aurait-elle pas été un refuge
pour la vie lors du dernier épisode glaciaire du
fait de sa situation très occidentale ?
Lors de la prochaine expédition, nous continuerons
l’étude de la biodiversité de tous les
milieux de Madre de Dios, notamment en
approfondissant le travail sur les rivières et les
grottes de manière à pouvoir répondre aux
questions posées. Deux approches sont envisagées
pour mener à bien ce projet.
Une première approche consistera à compléter
nos prélèvements en échantillonnant les secteurs
non explorés en 2006, et en intensifiant les
collectes dans les milieux les plus riches.Une seconde approche consistera à établir un
protocole d’échantillonnage permettant de
mettre en oeuvre des analyses d’ADN, de
manière à savoir si Madre de Dios a constitué, ou
non, un refuge pour la biodiversité lors des dernières
glaciations.

Outre cette biodiversité animale, il conviendra
d’étudier plus avant les sols et la végétation
de la forêt magellanique, notamment sa physionomie
et ses associations en fonction des effets
de site (zones protégées, exposées, nature de la
roche). Il conviendra aussi d’étudier les prairies
humides et les tourbières présentes aussi bien
sur les pentes que sur les replats gréseux.
4 - Le temps des hommes : les Alakaluf
Ce n’est que tardivement, durant les derniers
millénaires, que des hommes viennent coloniser
ces espaces si âpres et inhospitaliers. Vivant de
chasse et de collecte de coquillages, se déplaçant
toujours sur des canots d’écorce, le peuple Alakaluf
ne laisse que quelques traces discrètes : restes
de cabanes, amas coquilliers, sépultures et
peintures pariétales. Par chance, les grottes ont
toujours eu une fonction refuge à travers le
monde et Madre de Dios n’y échappe pas, pour
les hommes comme pour les animaux.
Aujourd’hui, dans le secret des grottes littorales,
spéléologues et archéologues retrouvent
ainsi les traces d’un peuple qui vient de disparaître
il y a moins d’un demi-siècle. À partir de la
découverte de la grotte du Pacifique avec ses
peintures, ses foyers et ses épais amas coquilliers,
une campagne de relevés cartographiques, une
couverture photographique des sites étudiés,
des fouilles et des datations sont autant de pistes
d’étude. L’équipe franco-chilienne d’archéologues
et d’ethnologues sera assistée par les géomorphologues
pour comprendre le cadre physique.
Enfin la prospection littorale sera poursuivie
pour rechercher d’autres indices et tenter de
mieux comprendre la vie des Alakaluf sur Madre
de Dios.

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