Novembre 2007
Quand une expédition commence-t-elle ?
Sans doute dès le retour de l’expé précédente. Il en a bien été ainsi tout au long de nos recherches sur Madre de Dios : 1997, 2000, 2006, 2008… Cette simple énumération de dates ne dit évidemment rien des années de travail qui ont été nécessaires à la préparation de chacune d’entre elles. Tout au plus montre-t-elle la masse particulière d’efforts qu’il a fallu accomplir pour passer entre 2000 et 2006 de nos expés « privées » habituelles à un statut plus institutionnel : nous y avons gagné une sorte de reconnaissance officielle de la part de l’État chilien de la valeur patrimoniale de nos recherches, assortie d’une invitation et d’une aide à les poursuivre. En contrepartie, il était clair que nous étions désormais investis d’une responsabilité plus lourde.
2008 est la deuxième étape dans cette nouvelle manière d’envisager nos recherches, qui se sont peu à peu élargies à des thèmes nouveaux. Notre approche de l’île, voulue en commun avec le ministère des Biens Nationaux, est désormais globale. L’étude purement spéléologique de nos débuts s’est muée en une recherche géographique, puis une approche naturaliste faisant intervenir d’autres disciplines scientifiques. Nous sommes passés insensiblement du minéral au biologique, et désormais l’inventaire flori-faunistique de l’île nous concerne presque autant que son inventaire spéléologique ! Pour 2008, nous avons donc encore musclé notre équipe pluridisciplinaire. Nous serons 41, dont 14 vont rester les deux mois, 14 seulement en janvier, 13 en février. On peut aussi nous classer en 1 Québécois, 1 Australien, un Américain, 1 Mexicain, 2 Espagnols, 9 Chiliens, 26 Français.
On dénombre également 22 spéléologues (dont 2 plongeurs), 4 photographes, 5 géologues, 3 archéologues, 3 biologistes, 2 karstologues, 2 hydrologues, 1 géographe, 1 paléontologue. Il y a enfin une équipe cinéma dont la taille est encore incertaine, les producteurs ayant une propension marquée à ne définir précisément les budgets qu’au tout dernier moment, ce qui ne simplifie évidemment rien. Soit au total bien plus de 41 individualités, puisque certains ont plusieurs cordes à leur arc.
Bien entendu, l’activité se fait plus intense à mesure que la date du départ approche. Il faut trouver les derniers sponsors, effectuer les derniers achats, prendre les derniers contacts. Ne rien oublier !
C’est ce leitmotiv qu’il faut avoir aussi en tête en remplissant le gros bidon de matériel personnel qui va partir par mer avec le collectif. C’est presque une cérémonie, qui marque pour chacun une sorte de point de non-retour. Ce week-end de fin octobre, où nous avons ensuite rempli le gros conteneur de 20 pieds qui va nous précéder sur place, nous a définitivement lancés dans le voyage.
Les premières amarres sont larguées…