Questions des classes de 6e du collège Auguste RENOIR à Marseille

Bonjour les explorateurs !

Nous sommes des élèves de sixième du Collège Auguste RENOIR à Marseille.

Nous suivons votre voyage, vos photos et vos découvertes avec attention.

Nous aimerions savoir:

-Que mangez-vous pendant l'expédition ?
-Comment cuisinez-vous sur place ?
-Quels types d'habits utilisez-vous pour vous réchauffer ?
-Quel équipement utilisez-vous pour ne pas avoir froid dans l'eau glacée du glacier?
-Quel est votre meilleur outil pour vos explorations?
-Vous êtes-vous déjà blessé? Quelle est la blessure la plus grave ?
-Quelle est votre meilleure découverte cette année ?
-Quel est votre endroit préféré en Patagonie?

Les élèves de 6e de RENOIR
Gracias!

Réponses

  • Bonjour à toutes votre classe,
    je suis Sylvain BOUTONNET, j'étais sur l'expédition au mois de Janvier.
    je vais essayer de répondre à vos questions.
    Sur place, l'équipe se nourrit avec des aliments qui ont en totalité été emportés depuis le continent.
    Cela représente une quantité énorme de nourriture qu'il faut prévoir à l'avance afin de pouvoir nourrir environ 30 personnes sur une durée de près de 60 jours. Au final ce sont plusieurs tonnes de vivres qui sont emmenées sur les bateaux. Les achats de nourriture sont réalisés pendant la pré expedition à Punta Arenas. Il faut 5 jours à 6 personnes pour acheter et conditionner la totalité de la nourriture qui est emporté sur Madre de Dios.
    Les achats sont réalisées à partir de liste qui ont été établies plusieurs mois à l'avance et en fonction de nos expériences passées sur ce type d'expédition.
    Nous essayons de varier au maximum les produits et bien évidemment nos choix se portent sur des produits qui se conservent le plus longtemps possible.
    Nous mangeons à peu prêt de tout, les légumes frais et la viande sont les denrées qui manquent le plus, nous compensons cela par de la charcuterie qui se conserve mieux que la viande et pour les légumes nous prennons des légumes en boites.

    Dans la cabane, la cuisine est assez confortable, nous disposons d'une gazinière à gaz qui a été emmenée par nos soins et de presque tout le confort d'une cuisine comme nous les connaissons chez nous.
    Cette gazinière nous permet même de faire du pain et des pizzas par exemple.
    Dans les camps avancés, la cuisine se fait sur des petits réchauds à gaz, du coup les repas sont bien moins élaborés, nous nous contentons bien souvent de réchauffer de l'eau pour préparer des plats lyophilisés ou des pates, riz ou autre semoule...

    Concernant l'habillement, la plupart des personnes utilisent des sous vêtements techniques, une sous couches en fait, pantalons collants et un haut à manche longue en fibre synthétique qui apporte de la chaleur et qui ont la faculté de bien évacuer la transpiration et de sécher rapidement.
    En dessus de cette sous couche nous mettons des vêtements imper respirant, vestes et pantalons qui nous protègent de la pluie et du vent. Si le froid est plus important nous rajoutons des couches intermédiaires.
    En fait nous pratiquons le principe du multi couches qui permet de s'adapter rapidement aux différentes situations rencontrées.

    Pour affronter l'eau froide, il y a plusieurs techniques, les combinaisons néoprènes, qui sont des combinaisons qui créent une fine pélicule d'eau entre la peau de l'explorateur et la combinaison. Cette pélicule d'eau est réchauffée par le corps humain et permet de rester un certain temps sans avoir froid.
    Lorsque l'eau est très froide et qu'il faut y rester longtemps ces combinaisons ne sont pas assez efficaces et il faut alors passer à des combinaisons étanches avec des vêtements chaud en dessous.

    Je dirai que le meilleur outil pour réaliser les explorations c'est nous mêmes. Il faut avoir en soit la soif de découvrir, la soif d'explorer et aussi celle de partager.
    En plus de cela il faut bien sur des "outils" pour mener à bien de telles explorations, je ne pense pas qu'il y ait un outil meilleur que les autres, c'est une accumulation d'une multitude d'outils qui font ques ces explorations sont possibles.
    Les bateaux pour le transport, le matériel pour construire la cabane, le matériel d'exploration pour les gouffres et grottes, les tentes qui abritent tout le monde, l'antenne satellite qui permet de partager nos découvertes en tant réel et bien d'autres...

    Des blessures il y en a forcément, jusqu'ici rien de grave, uniquement de petites blessures de la vie courante. Le mot d'ordre sur ce type d'expédition c'est la prudence. Vu l'éloignement et l'isolement les blessures graves peuvent vite devenir très très problèmatiques.
    Toutefois cela peut arriver, c'est pour cela qu'il y a aussi un médecin parmis les personnes de l'expédition et qu'en plus de cela nous avons un partenariat avec un organisme médical basé à Toulouse, une antenne du SAMU qui gère tous les bateaux français à travers le monde. Cet organisme assure en cas de besoin un suivi des membres de l'expédition. Il s'agit du CCMM.

    Notre endroit préféré en Patagonie c'est bien évidemment l'île de MADRE DE DIOS, enfin cela n'engage que moi :-)

    Pour ce qui est des plus belles découvertes de cette année, je vais laisser répondre les copains qui sont encore là-bas, ils vous parlerons bien mieux que moi de tous ce qu'ils ont pu découvrir ces derniers jours.

    J'espère avoir répondu à vos questions, n'hésitez à en poser d'autres ou à demander des complèments de réponses si besoin.
    Bonne journée

    Sylvain

  • Bonjour Sylvain,

    Nous te remercions tous pour cette réponse très détaillée que nous avons lu avec attention. Nous adorons regarder régulièrement les photos et les récits de votre expédition!
    Nous avons donc encore plusieurs questions (désolé il y en a beaucoup). :-)

    Vivre sur place dans le froid et les conditions extrêmes a-t-il été difficile pour vous ? Avez-vous eu froid dans le glacier ?
    Où et comment dormez-vous ?
    Avez-vous eu du mal a dormir à cause des bruits d’animaux ?
    N’avez-vous jamais eu peur de rester bloqué dans les petites impasses des grottes ?
    Y a-t-il une personne qui vous tire en cas de problème dans le glacier ?
    Comment faites-vous pour retrouver votre chemin?
    Comment Laurence s’est-elle blessée ?
    Quel type d’activité faites-vous dans une journée ?
    Comment faites-vous pour recharger vos appareils ?
    Vous préférez le bateau ou l’avion ?

    Avez-vous vu des chauves souris dans les grottes ?
    Y a-t-il des petits oiseaux dans le glacier ?
    Quelle est la plus belle chose que vous ayez vu dans le glacier ?
    Est-ce que dans les grottes il fait noir ?
    Avez-vous trouvé beaucoup d’os de baleine ? Comment sont-elles mortes d'après vous ?

    Comment faites-vous pour transporter tout votre matériel ?
    Mangez-vous parfois des pâtes ou des frites ?
    Les pizzas étaient-elles bonnes ? Où les avez-vous trouvé ?

    Bonne journée.
    Les élèves du collège Auguste Renoir à Marseille.
    Gracias!

  • Bonjour à tous,
    Je me présente, je suis Michel Philips, j'ai participé à l'expédition au mois de février et je viens tout juste de rentrer à La Ciotat ou j'habite.
    Voici mes réponses à vos questions, Sylvain, ou d'autre pourront compléter éventuellement.

    • Vivre sur place dans le froid et les conditions extrêmes a-t-il été difficile pour vous ? Avez-vous eu froid dans le glacier ?
      Vivre dans ces îles, et surtout y faire des explorations, est effectivement difficile car même si le climat n'est pas extrême (il ne fait jamais très froid), l'humidité permanente et le vent sont fatigants. On a la sensation d'avoir froid dès que l'on est dehors pendant longtemps. En dehors de la cabane où nous avons installé un poêle à bois, il est impossible de faire sécher les vêtements. Heureusement nous avons des vêtements adaptés et même des combinaisons étanches. Nous les avons utilisées sur le glacier notamment pour descendre les moulin ou il y a des cascades d'eau glacée. Comme ces visites durent peu de temps nous n'avons pas eu trop froid. Mais il faut faire attention et chaque équipe transporte des vêtements de rechange supplémentaires au cas ou quelqu'un se serait blessé et devrait rester plus longtemps exposé au froid avant d'être évacué.

    • Où et comment dormez-vous ?
      Sur le glacier l'équipe bénéficiait d'un refuge assez grand construit par les gardiens du parc national. Il est bien équipé avec un poêle, une cuisine avec l'eau courante et plusieurs chambres. C'était confortable. Sur l'île Madre de Dios nous avons construit nous même un refuge lors de l'expédition précédente. Il est plus petit, mais aussi bien équipé Nous y avons même installé l'eau chaude. Comme il est petit nous ne pouvons pas y dormir, il nous sert seulement de cuisine, de salle de douche, de bureau et de salle à manger. Pour dormir nous avons de grandes tentes de montagne très résistantes que nous avons installées sur un plancher en bois que nous avons construit. Nous pouvons dormir bien à plat et isolés du sol mais il n'y a pas de chauffage. Nous dormons donc dans de gros sacs de couchage bien chauds.

    • Avez-vous eu du mal a dormir à cause des bruits d’animaux ?
      Non, il n'y a pas de gros animaux capable de faire du bruit. Par contre le vent est parfois très fort, il siffle et secoue les tentes ce qui peut empêcher certains de dormir. mais on s’habitue vite. Quant on est vraiment fatigué on dort bien quelles que soient les conditions.

    • N’avez-vous jamais eu peur de rester bloqué dans les petites impasses des grottes ?
      C'est un risque en effet de rester bloqué dans une étroiture. Mais nous sommes tous des spéléologues expérimentés et savons reculer si le passage devient dangereux. De plus nous explorons toujours à plusieurs et un coéquipier peut aider à sortir d'un passage difficile. En pratique nous n'avons jamais eu de problème de ce type.

    • Y a-t-il une personne qui vous tire en cas de problème dans le glacier ?
      Dans le glacier, c'est la même chose. En plus, en raison du froid, on évite de se faufiler dans des passage trop étroits. Il n'y a donc pas de danger de rester coincé.

    • Comment faites-vous pour retrouver votre chemin?
      En surface, en particulier sur le glacier et en forêt où le risque de se perdre est le plus important, nous mettons parfois en place de petits rubans colorés pour baliser le chemin. Sur les zones de roche dénudée nous construisons aussi parfois des caïrns avec des pierres. Et pour le suivi général des itinéraires nous avons noté les coordonnées GPS des points intéressants ce qui nous permet de retrouver les entrées des gouffres ou les emplacements des camps même plusieurs années après.

    • Comment Laurence s’est-elle blessée ?
      Elle a glissé sur des rochers mouillés juste à côté du camp. C'est souvent là que les accidents arrivent car près du camp on se sent plus en sécurité et on est moins attentif. Il faut faire attention tout le temps.

    • Quel type d’activité faites-vous dans une journée ?
      Cela dépend beaucoup, chaque équipe peut avoir des objectifs très différents et la météo du jour rend parfois impossible certains projets. Pour vous donner quelques exemples, une journée peut être consacrée à : Partir en Bombard pour aller plonger dans une résurgence au bord de la côte, monter à pied avec un gros sac à dos pour s'installer dans un camp éloigné, explorer un gouffre à partir d'un de ces camps, faire des prélèvements pour des études scientifiques, mais aussi rester à la cabane pour écrire un rapport et publier des informations sur le site internet.
      *Comment faites-vous pour recharger vos appareils ?
      Nous avons installé l'électricité dans notre cabane, avec des éclairages et des prises comme à la maison. Nous produisons l'électricité avec des groupes électrogènes à moteur. Nous en avons plusieurs pour toujours avoir de l'électricité même si l'un d'eux tombe en panne. C'est important pour la sécurité, pour faire fonctionner les radios et les téléphones satellites qui sont indispensables pour organiser les secours si quelqu'un se blesse. Une année nous avions essayé d'utiliser une éolienne pour produire de l'électricité mais le vent est trop irrégulier et souvent trop fort pour qu'elle puisse fonctionner.
      *Vous préférez le bateau ou l’avion ?
      Ça dépend des personnes. Certain ont le mal de mer et n'aiment pas trop les trajets en bateau. Moi j'aime les deux, l'avion parce qu’on voit des paysage magnifiques depuis le ciel. Le vol entre Santiago et Punta Arenas est parfois magnifique, car on voit toute la Cordillère des Andes avec les volcans, les lac et les glaciers gigantesques. Les trajets en bateau dans les canaux sont aussi très intéressants avec des milliers d'îles, toutes différentes, la mer qui change, les glaciers qui tombent dans les fjords, les otaries qui dorment sur les rochers et les dauphins qui jouent devant l'étrave du bateau.

    • Avez-vous vu des chauves souris dans les grottes ?
      Non, nous n'en avons jamais vu. Ça nous étonne car presque partout dans le monde on en trouve dans les grottes. Alors, en février, nous avions installé des détecteurs spéciaux dans plusieurs grottes. Ce sont des sortes d'enregistreurs sonores capables de détecter les ultrasons produits par les chauves souris. Je n'ai pas encore le résultat de ces enregistrements car il faut les dépouiller avec un ordinateur et c'est assez long.

    • Y a-t-il des petits oiseaux dans le glacier ?
      Il n'y a pas d'oiseaux dans le glacier, mais il y en a juste à côté dans les forêts qui le bordent. Il y en a aussi beaucoup sur Madre de Dios, de très gros comme le condor des Andes, mais aussi de tout petits comme les colibris. Sur le site vous trouverez quelques photos (un colibris, une chouette).

    • Quelle est la plus belle chose que vous ayez vu dans le glacier ?
      La couleur de la glace qui a des reflets bleus extraordinaires.

    • Est-ce que dans les grottes il fait noir ?
      Bien sur, dès qu'on avance de quelques mètres, la lumière du jour disparait. Heureusement nous avons de bonnes lampes sur nos casques et l'obscurité n'est pas un problème. Pour les photos nous utilisons de gros flashes électroniques. Nous en utilisons souvent trois ou quatre simultanément pour bien éclairer les grandes salles et les puits et rendre compte des dimensions.

    < Suite dans le message suivant >

  • < Suite du message précédent >

    • Avez-vous trouvé beaucoup d’os de baleine ? Comment sont-elles mortes d'après vous ?
      Nous avions trouvé beaucoup d'os de baleines lors des expéditions précédentes. Cette année nous n'en avons pas trouvé de nouveaux, mis à part ceux de la baleine échouée que nous avions trouvée en train de se décomposer sur une plage lors de l'expédition de 2017. Les baleines s'échouent quant elles meurent. Elle sont poussées par les vagues et le vent vers les côtes. Comme nous, elles peuvent mourir de maladie ou de vieillesse. Mais ce sont des animaux qui peuvent vivre très longtemps. Une fois adultes, elles n'ont presque pas de prédateurs et maintenant elles ne sont pratiquement plus chassées par l'homme.

    • Comment faites-vous pour transporter tout votre matériel ?
      Le transport du matériel est un gros travail. Nous préparons l'essentiel du matériel en France. Nous l’amenons ensuite à Lyon pour le charger dans un conteneur maritime que nous avons en dépôt chez une société de transport qui est notre partenaire depuis longtemps. Puis le conteneur est transporté : par la route jusqu'à Fos sur Mer, par bateau jusqu'à Valparaiso, par un autre bateau jusqu'à Punta Arenas ou il est déchargé sur un quai. A notre arrivée sur place, nous le récupérons sur ce quai et nous transférons tout son contenu dans un gros camion qui l’amène à Puerto Natales. A Puerto Natales nous chargeons tout dans les trois bateaux de pêche qui nous transportent avec le matériel jusqu'au glacier ou à l'île Madre de Dios. Il ne reste plus qu'à tout décharger pour équiper notre camp de base. Sur place nous avons installé une tyrolienne qui nous à permis de décharger plus facilement, directement depuis les bateau jusqu'au camp car il est situé à 30 m d'altitude sur une petite colline. Comme vous le voyez le transport du matériel est un sujet compliqué qui nous prend beaucoup de temps et coûte beaucoup d'argent. Mais c'est indispensable pour être efficaces sur place. Pour le retour c'est les mêmes étapes en sens inverse. Il nous à fallu 4 jours pour tout ramener à Punta Arenas dans le conteneur. Il va falloir ensuite 3 ou 4 mois pour qu'il revienne par les bateaux jusqu'à Marseille/Fos. Nous avons prévu de récupérer tout notre matériel à Lyon en mai ou juin prochain.

    • Mangez-vous parfois des pâtes ou des frites ?
      Des pâtes oui, souvent car c'est sain et c'est facile à conserver et à préparer. Des frites nous n'en mangeons pas car il faut faire une friture avec de l'huile est c'est un peu compliqué avec la cuisinière dont nous disposons. Par contre nous mangeons souvent des pommes de terre cuites à la poêle à la Sarladaise. C'est plus facile à préparer et moins gras que les frites. Nous mangeons beaucoup d'autres choses, des légumes, des fruits et un peu de viande. Quand nous sommes au camp de base nous arrivons à faire des repas agréables et équilibrés. Par contre dans les camps d'altitude ou il faut tout transporter dans le sac à dos, nous nous limitons à des aliments légers déshydratés, principalement des sachets de nourriture lyophilisée, du riz et encore des pâtes.

    • Les pizzas étaient-elles bonnes ? Où les avez-vous trouvé ?
      Les pizzas étaient très bonnes. C'est Luc-Henri qui les avais faites dans le four de la cuisinière. Nous emportons toujours beaucoup de farine pour pouvoir faire du pain et des pizzas. Avec le four c'est facile à faire et c'est toujours agréable de manger du pain frais à la française. Surtout quand on est à l'autre bout du monde.
      Michel.

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